Tommy McCook

Nationalité : Jamaïquain
Vrai nom :

La légende McCook ... à (re)découvrir

Tommy McCook



Saxophoniste et flûtiste de légende, l’histoire de Tommy McCook est celle de la musique Jamaïcaine. L’histoire d’un homme qui fut un pivot dans chaque étapes de cette musique.

Tommy né le 3 mars 1927 à La Havane, sur l’île de Cuba. Son père travaillait sur le Canal de Panama mais il était alors interdit aux ouvriers d’y vivre avec leur famille donc le reste de la famille habitait sur la grande île des Caraïbes. En 1933 il retourne en Jamaïque avec sa mère Ivy, son frère Frank et sa sœur Inez. Alors qu’il va rendre visite à son frère écolier à l’Alpha School de Kingston,Tommy voit l’orchestre de l’école jouer et décide que c’est cela qu’il veut faire, rejoindre l’école et intégrer son orchestre.
Sa fascination pour la musique a commencé lorsqu’il allait voir sa mère qui travail au Bournemouth Beach Club. Ce club se situait à Kingston non loin de la maison des McCook. Là Tommy pouvait voir les orchestres se préparer, répéter avant de jouer. Grâce à des contacts de sa mère au Bournmouth Club, George Neilson, bandmaster à l’Alpha School donne sa chance au jeune Tommy sur un saxophone ténor. Celui-ci se souvient : « J’avais 11 ans lorsque j’ai commencé. J’ai pris le saxophone de l’école et me suis assis à coté de Gaynair et j’ai joué. »
Tommy étudie alors à l’école. Bientôt, Eric Dean, leader d’un célèbre orchestre qui a pour habitude de recruter ses membres parmi les élèves de l’école auditionne Tommy. Celui-ci est brillamment reçu. Nous sommes en 1943, Tommy McCook commence à 16 ans sa carrière professionnelle dans l’Eric Deans Orchestra sous les yeux de sa mère. Il se souviendra longtemps de ce moment où pour la première fois, il prend le solo, ferme les yeux pour se concentrer un maximum sur la mélodie, entend alors les applaudissements de la foule, ouvre les yeux et voit des larmes sur les joues de sa mère. Après avoir quitté l’orchestre d’Eric Dean, Tommy McCook et Raymond Harper rejoignent le Hitchman’s Sextet. Hitchman était un excellent guitariste et c’est en temps que musicien du groupe que Tommy enregistra pour la première fois en studio en 1952. C’était à la première station radio de Jamaïque, Z. QI. Archie Lindo avait invité le groupe pour pouvoir tester le nouveau matériel. Les chansons sont aussitôt pressées et jouées dans les bals. En 1954, plusieurs musiciens Jamaïcains sont inviter à jouer à Nassau, aux Bahamas, pour jouer au Zanzibar Club. Il y a entre autre, tommy, Ernest Ranglin, le trompettiste Frank Anderson et le pianiste Linton Thomas. En 1955 et la fin du Zanzibar Club, certains musiciens rentrent en Jamaïque mais Tommy lui reste et joue dans de petites formations pour des touristes sur des yachts. C’est alors qu’en 1956, il va pour la première fois aux Etats-Unis, à Miami et entend un solo de John Coltrane. Ce fut la révélation pour lui. Il se dit qu’il fallait qu’il change sa vie et sa manière de jouer du saxophone.
De cette époque jusqu’à ce qu’il retourne en Jamaïque en 62, le jazz devint la principale préoccupation de Tommy McCook. Alors qu’il y est pour quelques mois, il monte un petit groupe de jazz qui joue des chansons de Coltrane comme « I love you » ou « But not for me ». C’est alors qu’il est pour la première fois approché par Coxsone Dodd. Ensuite par Vincent « Randy »Chin. Tommy décline les offres. Il accepte parfois des cessions jazz à la fin de 1962 connues plus tard sous le nom de Jazz Jamaïca. Il va régulièrement jouer à l’Est de Kingston, chez « Count » Ossie Williams, chef d’une communauté de rastas qui réclame un retour aux sources de la culture noire, c'est-à-dire un retour en Afrique, en Ethiopie où le Négus règne sous le nom de Haïli Selassié. C’est au court d’une de ces réunions qu’il rencontre Lloyd Knibbs. Il intègre alors sa section cuivre. Knibb joue avec McCook dans le groupe d’Aubrey Adams au Courtleight Manor Hotel. Il essaie de le convaincre de faire partie d’un groupe réunissant les meilleurs musiciens de l’île, dont le potentiel est énorme. Tommy a en même temps accepté les avances de Coxsone et enregistré avec ces musiciens sa première chanson, Exodus. Il accepte alors de diriger le groupe. Il est le musicien qui a le plus d’expérience.
En 1964 les Skatalites naissent. L’histoire veut que le nom Satelites ait été d’abord proposé mais que McCook dise « non, nous jouons du ska, nous serons les Skatalites ». Ils se produisent en public sous le nom Tommy McCook & The Skatalites. Ils jouent dans toute la Jamaïque et sont surtout basés à l’Est de Kingston, au Bornmouth Club. Il n’est pas nécessaire de rappeler l’histoire de ce fameux groupe, leurs centaines de titres et leur séparation en 1965 pour de multiples causes dont la rivalité entre McCook et Roland Alphonso et la manière dont Coxsone dirige et paie ses musiciens. Il accepte alors une offre d’Arthure « Duke »Reid qui lui propose de devenir le directeur artistique de son label Treasure Isle.
Il rejoint le studio dernier cri que Duke Reid a fait construire au dessus de son magasin à liqueur, au croisement de Charles et de Bond Street. Il monte le groupe, les Supersonics, dont fait parti le grand Lynn Taitt, qui vont les premiers s’investir dans le nouveau rock steady en 1966. Il est indéniable que le phrasé léger de Tommy au saxophone a une grande force pour tempérer le ska. Pour se rendre compte de cela, il faut écouter deux disques : Down on Bond Street chez Trojan et Dynamite chez Rhino Records. Dans ces disques, les solos de Tommy sont précis, toujours calme, d’une incroyable richesse. C’est le son des palmiers, la chaleur du soleil, la couleur de la mer sur l’île aux pirates dans le studio tout en bois, au son et à l’odeur caractéristique de Treasure Isle. Parfois les chansons prennent un mood plus soul, plus proche du son de memphis. Ceci est en grande raison due au bassiste légendaire Jackie Jackson au son très lourd. La formation est généralement à l’époque : Tommy McCook au saxophone ténor et à la flutte, Lester Sterling au saxophone alto, Johnny Moore ou Mark West à la trompette, Danny Simpson ou Vincent « Don Drummond Junior » Gordon au trombone, Ranny « Bop » Wiliams, George Tucker et Lynn Taitt aux guitares, Winston Wright ou parfois Del Pratt à l’orgue, Clifton « Jackie » Jackson à la basse et Hugh Malcolm à la batterie. La liste des groupes backés par les Supersonics est la même que celle de Studio 1 . Tous les groupes y sont passés, mais les champions de l’écurie de Duke Reid sont les Pragons, les Jamaicans, Hopeton Lewis, ken Parker, John Holt…La qualité de la production du studio est telle que Duke Reid semble tenir le haut du marché du disque pendant la courte période rock steady.
McCook est le seul musicien qui depuis l’époque ska jusqu’à sa mort fut leader de groupe. Il dirige le groupe de Duke Reid jusqu’en 1976, date à laquelle celui-ci s’éteind. A coté de son travail à Treasure Isle, Tommy est employé par de nombreux producteurs comme Joe Higgs, Winston Riley, Harry Mudie, Clive Chin … Il arrange la section cuivre des Wailers pour les titres Pound get a blow et le mythique titre Fire fire. Sa carrière avec Marley fut longue puisque c’était déjà lui qui dirigeait les cuivres sur Simmer down et il continuera quasiement tout le long de la carrière de Bob Marley. Les versions instrumentales de lively-up yourself ou No woman no cry sont de lui. Malgrès sa longue brouille avec Coxsone, il enregistre parfois avec le Brentford Road All Stars. Avec Ansel Collins on peut l’entendre sur Stalag 17. Parmi les raretés, il est indispensable d’écouter sa vertion du titre de Harry J. All Stars, Liquidator, le funky Open jaw ou la version instrumentale de Blood & Fire de Niney The Observer.
Dans les années 70, il est entre autre dans les Aggravators. Pour avoir un aperçu de son talent avec la rythmique de Sly & Robbie, il faut se référer à l’album d’instrumental Hot Lava, ou il prend les solos de sax et de flutte. De Lee Perry à Bunny Lee, il fait parti de tous les grands projets de la musique Jamaïcaine. Il arrange avec géni la célébrissime section cuivre de Satta massa. Il enregistre de nombreux albums. Il joue avec Jimmy Cliff sur la BBC en 1973 et en 1975, le gouvernement Jamaïcain reconnaissant, le décore de l’Ordre de la Distinction.
Au début des années 80, il parvient à réunir les Sakatalites pour un concert au Reggae Sunsplash de 1983. C’est « The return of the Big Guns ». L’été de la même année, il enregistre avec les musiciens originels des Skatalites à la Blue Monk Jazz Gallery à Kingston. La carrière des Skatalites devient internationale. Ils se produisent au Japon, en Europe, aux Etats-Unis où le groupe explose pendant le Liberation Tour de Bunny Wailer. Les Skatalites se retrouvent en 1993 sur l’album Ska Voovee arrangé et produit par Tommy. En 1994 il produit Hi Bop Ska… Désormais, la carrière de Tommy est liée aux Skatalites jusqu’à sa mort le 5 mai 1998 d’un arrêt cardiaque. Ce musicien, avec d’autres a écrit une des plus belle page de l’histoire de la musique et la plus belle plage de l’histoire de la musique Jamaïcaine. Pour moi, il tient une place à part car c’est le 13 mai 1998, qu’en écoutant un mercredi soir la radio Canal B où l’émission Reaggae 69 était consacrée à la disparition de l’artiste, que j’ai su ce qu’était du Reggae.
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