Toulouse Dub Club #27

09/05/18 - Auteur(s) : Adrien

Après vous avoir fait goûter aux ambiances des Dub School bordelaises et du Dub Club d’Annecy, Reggae.fr continue doucement son tour de France des dub clubs en vous emmenant cette fois dans la ville rose pour vous faire vivre le Toulouse Dub Club organisée par Talowa le 28 Avril dernier. Retour sur cette 27 ème édition sonorisée par les 8 scoops du Wandem Sound System sur lesquels vont se succéder Ras Digby, Weeding Dub et Iration Steppas accompagné de Murray Man.

C’est Wandem qui ouvre le bal avec un warm up roots où ils alterneront entre sélections vinyles et quelques productions maisons dans une salle dont la scène laissée vide servira de toile de fond à un mapping vidéo tout au long de la soirée. Le crew bordelais est venu comme à son habitude accompagné de la Hornsmen Section (ce soir un trombone et deux saxophones) pour rajouter une touche de musicalité sur les versions.

C’est au tour de Ras Digby de venir partager les bonnes vibes, il entame un set « ROOTS, ROCK, REGGAE, », prêchant la bonne parole sur les faces B dans une salle déjà bien remplie où l’ambiance commence à grimper. Bob Marley, Burning Spear, Tony Tuff, Johnny Clarke, John Holt, Alton Ellis, les perles oldies s’enchaînent dans une sélection 100% vinyle à faire baver les collectionneurs où le vétéran assure à merveille tous les rôles : selector, opérateur, micman et MC.

En voyant Weeding Dub s’installer derrière ses machines, on comprend  que c’est déjà la fin d’un set énorme. Le dubmaker français se joint au public pour remercier Ras Digby de chaleureux applaudissements avant de démarrer tranquillement avec Forever Loving Jah de Bob Marley. Il y a peu de temps on vous disait tout le bien qu’on pensait du dernier album de Weeding Dub (Another Day Another Night) et combien on était impatient d’en entendre des extraits dans une configuration sound system, et bien on ne va pas être déçu ! Weeding dub va largement piocher dans ce dernier opus et il commence en faisant raisonner la voix de Nish Wadada dans la salle avec Let’s Go. Venu bien accompagné, le dubmaker va profiter de la présence de ses deux MCs pour nous proposer Big Men of this World (feat Oulda et dont Ras Divarius va reprendre la version avec ses accords de violon toujours aussi efficaces), ou When I Write (feat Little R). L’ambiance va monter d’un cran avec des morceaux beaucoup plus steppa comme Skankertainer, ou Artikal Stepper réinterprétés à merveille par Weeding Dub à grands coups de sirènes, d’échos et autres effets, avant qu’il ne régale les skankers avec l’inévitable African Shrine. Un set énorme que Weeding conclue avec deux big tunes de plus : d’abord le furieux Can’t Understand qui prend toute son ampleur sur les 8 scoops du Wandem, puis le sublime Gipsy Dub joué en live par Ras Divarius et son violon. Waouh !

Les skankers sont donc surchauffés quand l’heure d’accueillir Mark Iration arrive. Il commence une sélection assez tranquille (quand on connait les habitudes du crew de Leeds). Ce soir c’est Murray Man qui l’accompagne pour reprendre les versions. Après quelques morceaux, Weeding Dub reprend place derrière ses machines pour nous offrir une version de Another Day Another Night avec Mark Iration et son énergie toujours aussi contagieuse en guise de micman. On passe vite à des rythmes plus steppa, dans le  « warrior style » auquel nous a habitué Iration avec des morceaux comme Key to the Universe de King Alpha et Fikir Amlak. Le set se termine avec trois morceaux issus de la collaboration entre Iration Steppas et O.B.F dont un remix monstrueux de Kilimandjaro en guise de last tune.

Tout le monde a donc les jambes qui commencent à fatiguer quand le Wandem reprend les commandes de sa sono pour la dernière heure, mais Iris Askan le selecta n’a visiblement pas envie de nous laisser nous reposer et démarre direct avec un dubplate bien steppa signé Hatman et I Tist. La Hornsmen Section est toujours là pour reprendre les versions  avec un « petit nouveau », Fransax (que les anciens auront reconnu puisqu’il faisait partie d’Improvisators Dub) qui laisse parfois son saxo de côté pour improviser des airs de flûte ou même de coquillage (oui de coquillage !). Les lumières se rallument sur un dubplate de Kandee chanté par Joseph Lalibela avant que le Wandem ne nous offre comme dernier morceau une de leurs productions maisons pleine de cuivres et d’énergie bien connue des habitués de leurs sessions.

Une soirée plus que réussie où l’on aura pu danser sur toutes les branches de notre musique préférée, du roots jusqu’au stepper grâce à une programmation excellente. Bravo à tous les artistes et à Talowa Productions. Une chose est sûre on reviendra !